Une révolution intérieure de GLORIA STEINEM

12/02/2023

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Date de lecture : janvier 2023

Le contexte de lecture : « L'estime de soi n'est pas tout, mais rien n'existe sans elle » C'est ainsi qu'a commencé ma rencontre avec cette philosophie des plus enrichissantes, de bon matin, grâce à la douce voix d'Anne-Cécile Mailfert dans l'émission « En toute subjectivité ».


Mon avis détaillé :

« L'estime de soi n'est pas tout, mais rien n'existe sans elle » C'est ainsi qu'a commencé ma rencontre avec cette philosophie des plus enrichissantes, de bon matin, grâce à la douce voix d'Anne-Cécile Mailfert dans l'émission « En toute subjectivité ».
Connaissez vous Gloria Steinem, militante féministe américaine ? Moi, je n'en avais jamais entendu parler. Mon enrichissement n'a pas eu de limites ce jour-là...une révolution de ma perception et la rencontre d'une personne.
En 1992, lors de la première publication, nombre de détracteurs ont estimé que Gloria Steinem s'écartait de la politique et du féminisme. Rappelons, si nécessaire, que « le personnel étant politique », cette auteure n'a fait qu'enrichir ses mondes intérieurs et extérieurs.
Cette année, les éditions Harper Collins nous offrent la possibilité de découvrir cette figure dont les réflexions restent d'actualité. Dans sa nouvelle introduction, l'auteure rappelle d'ailleurs que ce livre ne s'adresse pas uniquement aux femmes. Il s'adresse également, et surtout, aux personnes désireuses de changer les paradigmes établis depuis des siècles. Et Mona Chollet, dans sa préface, nous invite à prendre conscience que ce combat n'est hélas pas achevé.
Difficile de décrire cet ouvrage. Ni un livre fade et consumériste de développement personnel, ni un manifeste du féminisme. Alors quoi ? Je dirai, tout simplement, que c'est un partage d'expériences et de réflexions à la lueur des témoignages recueillis et de l'expérience de Gloria Steinem.
Questionnant d'abord le champ des possibles du terme « estime de soi », elle nous invite dans un premier temps à retrouver l'enfant que nous étions, vous savez celui qui n'était pas impacté par l'éducation ou la société ? Celui qui faisait acte de liberté à chacun de ses pas. Celui qui pouvait passer des heures à contempler, jouer. Celui qui ne projetait pas son moi futur à chacun des moments présents... Selon nos diverses expériences, c'est cet enfant qu'elle nous invite à retrouver. le retrouver lui et ses rêves, avant cette étape dite de la « désillusion ».
Elle nous convie ensuite à déconstruire nos apprentissages puis à « réapprendre ». Là encore, il se peut que nous retrouvions notre moi enfant, dans la pratique du rire, du dessin avant de libérer totalement l'adulte que nous sommes. Mais il s'agit aussi de déconstruire les modes de pensées établis par une société patriarcale, dominante et hiérarchisée.
Elle vous invite également à prendre connaissance de votre corps, de votre rapport à la nature, aux animaux, en somme votre ouverture au monde.
Quelques passages plus surprenants également, avec des analyses littéraires, établissant les différences entre la romance et l'amour pour enfin conclure sur l'importance de la perception, non pas d'un moi individuel, mais d'un moi universel.
Livre passionnant de par les thématiques abordées mais également de par sa forme. L'impression dominante n'est pas une logique imposée mais une réflexion évolutive et construite avec ceux qui partagent ce monde ; ce qui somme toute, correspond parfaitement à la vision d'une révolution intérieure pour Gloria Steinem.

Une note ? 9/10 !

Mes citations favorites : 

"Nous redécouvrons progressivement une vision mystique antérieure qui a été masquée par des paradigmes réductionnistes. Nous sommes un microcosme de l'univers : l'univers est un macrocosme de chacune et chacun de nous. Si nous avons du respect pour l'un, comment ne pas avoir du respect pour l'autre ? Chaque objet au monde n'est pas seulement lui-même, mais implique tous les autres, et est en fait tous les autres objets. De même que chaque cellule contient tout notre être, chaque pensée et chaque rêve contient aussi notre moi dans son entier. Si nos rêves n'étaient pas déjà une réalité en nous, nous ne pourrions même pas les rêver."


"Nous devons simplement nous souvenir de la chose suivante : voir le divin uniquement chez les autres - ou uniquement dans notre propre groupe - constitue le problème. Voir le sacré en nous-mêmes et dans l'ensemble du vivant représente la solution."


"Ce voyage sur le Nil me donna l'impression de vivre les étapes du patriarcat décrites par Joseph Campbell dans The Masks of God, son étude de la mythologie occidentale : d'abord un monde créé par une grande déesse, ensuite un monde créé à la fois par une déesse et son époux, puis un monde créé par un mâle à partir du corps de la déesse, et enfin un monde créé seulement par un dieu mâle."


"Ainsi, avec une faible estime de soi, la polarisation s'accroît entre hommes et femmes, qui ont encore plus de parts refoulées de leur moi à projeter sur autrui. Ils deviennent alors les objets d'une liaison, d'une romance, « tombent » amoureux ou amoureuses - tous ces mots et expressions que nous utilisons instinctivement pour décrire cette additive montée d'adrénaline qui finit tôt ou tard par disparaitre, sensations très différentes du bien-être et de la stabilité que procure un amour authentique."


"Lorsque nous recherchons chez les autres une part manquante de nous-mêmes, nous occultons l'unicité d'autrui. Nos manques ayant souvent été déterminés par le genre, nous généralisons à propos du sexe opposé (ou à propos de tout groupe qui devient « cet autre mystérieux », ce faisant nous le transformons en un écran vierge sur lequel nous projetons nos espoirs (comme dans la romance) ou nos peurs (comme dans la haine). Il n'est pas étonnant que la romance se transforme si facilement en haine, et vice versa."

"L'estime de soi et l'excellence ne trouvent pas leur source dans la compétition, mais dans l'envie d'apprendre et de repousser nos limites, dans la satisfaction à réaliser une tâche, dans le plaisir de coopérer avec les autres dans une appréciation mutuelle, et dans la joie que l'on ressent autant dans le processus de réalisation que dans le résultat obtenu.

"Au fur et à mesure que chaque personne se parfait elle-même et contribue à toujours plus d'authenticité, un nouveau paradigme émerge : la circularité.
Si nous nous pensons comme un cercle, notre objectif sera de le parachever - et non de vaincre autrui. Le progrès se trouve dans la direction que nous n'avons pas encore explorée."


"Quelle que soit la raison, utiliser de la peinture, des crayons et de l'argile est devenu une activité que nous sommes nombreux à faire avant d'être en âge de lire et écrire - et que nous abandonnons ensuite. Il n'y a que les cultures autochtones, les futurologues et quelques éducateurs pionniers pour garder la conviction que nous devons utiliser la totalité de nos sens si nous voulons valoriser la totalité de que nous sommes"

"Si jamais nous disposons d'une seconde chance face au passé, c'est l'inconscient qui nous la donne. Nous pouvons rentrer chez nous, parce qu'une part de nous-mêmes n'en est jamais partie. Quelle que soit la forme que prendra votre voyage, pensez à tenir un journal de vos pensées les plus spontanées, sans autocensure ni contraintes. Rien qu'en consacrant du temps à de telles explorations, vous reconnaissez que « Ma vie intérieure existe ; j'existe ; cela mérite mon temps et mon attention ». Vous affirmez l'importance et le caractère unique de votre moi authentique. En récompense, vous pouvez non seulement guérir des blessures, mais aussi découvrir des trésors.

Paradoxalement, seul le fait de remonter dans le temps et de retourner dans la maison que nous connaissons autrefois nous permet d'avancer vers celle que nous avons toujours désiré habiter."


"Beaucoup de petites filles jouissent d'une période de liberté avant d'endosser le rôle féminin - liberté peut être relative par rapport à celle de la gent masculine, mais nettement plus importante que la vie bridée qu'elles connaissent à l'âge adulte. On découvre sans surprise que la vie d'une femme est marquée de deux moments de crises ; lorsqu'elle commence à assumer ce rôle social à l'adolescence et lorsqu'elles l'abandonnent vers la cinquantaine."


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